La mélasse et la luciole
Poème écrit en 5h.
Dans mon palais d'idées et de pensées,
Creusé par les assauts de la sombre Entropie,
Un puits de mélasse y déborde de mélancolie ;
Autour, quatre statues d'airain forgées.
La plus jeune pleure de ses yeux émeraude brisés,
La plus frêle, tournée, les mains sur des orbites vides,
La plus secrète, aux yeux d'Oural, observe sans regarder,
La plus belle, sur ses joues coulent larmes acides.
Émergent des complaintes à la noirceur tentatrice,
De souvenirs incarnés en créatures noyées ;
Debout, priant que les tumultes tarissent
Pour y plonger vers une luciole cachée.
Au long de l'étouffante descente m'enlacent
Les dragons impuissants aux vapeurs-éthanol,
Les chapelles muettes, les défuntes de glace,
Et la Sangsue s'agitant au rythme systole.
Dans les abysses se terre la bête espoir ;
L'attirant dans mes mains, je la brandis,
Au milieu des sédiments de peurs et désespoirs,
Elle allège ma douleur et draine l'agonie.
Ma misère vidée, je quitte les fonds morts,
Me laissant guider par la créature brillante,
Les monstres chassés par sa lumière d'or,
Et la poix forcée à être eau transparente.
Émergeant encore une fois des flots purgatoires,
Je hurle à nouveau pour défier l'Entropie.
Mais au son des clapotis de vagues noires,
Mes bras brûlent en tenant cet insecte de vie.